Comme une épine qu'on arrache.

Publié le 24 Septembre 2014

En ce moment, je fais énormément d'efforts : J'ai demandé à mes parents de me remplir mon assiette eux même, dans des portions très correctes, de me forcer à les finir, je prends des goûter, des céréales sucrés, des biscuits, de grosses portions de pâtes, plus de viande, j'ai même prise de la crème fraîche de moi-même hier soir !

Ca vous parait peut-etre ridicule mais pour moi c'est énorme...Et qu'est-ce que ça me coute les amis de faire tant d'efforts. Ca me fait beaucoup "souffrir" sur le coup, j'en ai les larmes qui me montent aux yeux pendant les repas où tout est hors de mon controle, mais sous le controle de mes parents, je me sens impuissante.

Alors je rechigne en voyant mon assiette, je dis "stop", "un peu moins", "mais j'en ai trop là ! T'as vu tout ce que tu m'as mis ?". Mais ils ne cèdent pas et continuent à me servir. Et dieu que je les en remercie ! Mais sur le coup je deviens infecte, je fonds sur place, je suis sèche avec tout le monde, j'entends les soupirs exaspérés de mes soeurs, le ton intransigeant de mes parents et les disputes commencent...

Puis quand tout le monde est calmé, on passe à autre chose, je finis mon assiette et on en parle plus. Je suis mal du mauvais moment qu'on vient de passer, mais soulagée de l'avoir fait. Comme mes parents.

Je ne pourrais jamais assez remercier mes parents pour tout ce qu'ils font et me faire pardonner tout ce que je leur fait subir. Mais ensemble, on avance.

Il y a de moins en moins de crises à table, parce que je commence à m'habituer à ne plus controler, à manger plus.

C'est une question d'habitude et de volonté, je vous promets !

Pour celles qui n'ont pas compris mon titre, je compare l'anorexie mentale à une épine à arracher, à une blessure à désinfecter : sur le coup, ça fait mal...Mais on sait que c'est ce qu'il faut faire si on veut guérir, si on veut être libéré.
Bien sure, on peut le faire tout seul, on appuie seul le tampon imbibé sur la plaie et on sert les dents, mais lorsque que la douleur commence à monter, que l'on devient fou car la souffrance est trop forte...On a qu'une envie, renoncer, tout arrêter, tant pis si c'est toujours là et que rien n'est réglé.

On peut aussi à demander à quelqu'un en qui on a confiance de le faire pour nous, on remet sa douleur entre ses mains. Et il appuiera. Et vous aurez mal, vous aurez envie de l'insulter, de lui repousser la main, vous le détesterez peut-être même sur le moment. Mais lui ne lâchera pas et continuera à appuyer sans ciller, car il est lucide. Puis petit à petit la douleur s'estompera, vous serez soulagé, comme votre "bourreau" heureux de votre libération. Mais il faudra continuer ensemble de surveiller la plaie et ne pas hésiter à désinfecter à nouveau s'il le faut !

La maladie c'est pareil, c'est dur, mais si vous avez la volonté, si vous êtes entourés de gens qui sont solidement attachés à leurs pieds alors vous pouvez vous en sortir, il faut juste tenir même si ça fait mal. Pour le malade comme pour le désinfecteur (qui je le rappelle, ne peut pas faire tout le travail.)

Si cette métaphore médicale ne vous a pas inspiré, vous pouvez toujours comparée la maladie à un démon intérieur qu'il faut exorciser, au horcruxes dans Harry Potter ou encore à l'anneau dans le Seigneur des anneaux !

 

Sur ce, je vous fais pleins de bisous, je continues mes efforts et je promets d'être plus tendre avec mes bourreaux !

 

PS : Pour leur en rajouter une couche, j'ai mes régles ! :3

Comme une épine qu'on arrache.

Rédigé par Noisette

Publié dans #Défis, #Coups de vents, #Pensées

Repost 0
Commenter cet article